1 331 décès au travail en 2025 : ce que révèle le rapport de l’Assurance Maladie

Je vous avoue : je suis découragée.
Le rapport annuel 2025 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels vient de paraître.
Il recense 1 331 décès reconnus au titre du travail, soit 34 de plus qu’en 2024. Derrière ce chiffre, il y a des salariés, des familles et des équipes. Voici ce qu’il faut en retenir, et surtout ce que nous pouvons en faire.

Les chiffres clés de 2025

Le rapport couvre environ 20,9 millions de salariés du régime général. En 2025, on compte :

  • près de 700 000 sinistres avec arrêt de travail ou incapacité permanente (693 718), tous risques confondus ;
  • plus de 84 millions de journées d’arrêt, l’équivalent d’environ 354 000 emplois à temps plein ;
  • 551 225 accidents du travail avec arrêt, une fréquence stable à 26,4 pour 1 000 salariés ;
  • 96 306 accidents de trajet, en hausse de 1,7 % ;
  • 52 187 maladies professionnelles, en hausse de 3,1 %.

Les maladies professionnelles avec arrêt dépassent aujourd’hui leur niveau de 2019, alors que les accidents du travail et de trajet restent en dessous.

Les 1 331 décès : d’où viennent-ils ?

Ils se répartissent en trois familles :

  • 783 décès par accident du travail (19 de plus qu’en 2024) ;
  • 344 décès par accident de trajet (26 de plus), dont 261 d’origine routière ;
  • 204 décès par maladie professionnelle (11 de moins).

Prenons les 783 décès par accident du travail. Le rapport montre que :

  • 58 % font suite à un malaise (457 cas, hors accidents de la route) ;
  • 24 % ont une origine professionnelle clairement identifiée, comme des chutes ou de la manutention (186 cas) ;
  • 11 % sont liés à un accident de la route (88 cas).

Les malaises ne sont pas des accidents spectaculaires. Ce sont des situations du quotidien, où les premières minutes comptent. D’où l’importance de salariés formés aux gestes de premiers secours.

Un chiffre qui interpelle : les suicides sur le lieu de travail

Parmi les 783 décès par accident du travail, 49 sont des suicides survenus sur le lieu de travail, contre 28 en 2024. Ces décès sont déjà comptés dans le total des 783. Le rapport n’en indique pas les causes, et je ne veux pas en tirer de conclusion hâtive.

Ce chiffre rappelle simplement que la charge mentale, le climat de travail et l’écoute ne sont pas des sujets secondaires.

Si vous traversez une période difficile, ou si vous vous inquiétez pour un collègue, le 3114 est joignable 24h/24 et gratuitement. C’est le numéro national de prévention du suicide.

Les maladies professionnelles : TMS et santé mentale en tête

Sur les 52 187 maladies professionnelles reconnues :

  • les troubles musculosquelettiques (TMS) représentent 46 466 cas, soit près de 90 % du total ;
  • les affections psychiques reconnues ont plus que doublé en cinq ans : 840 en 2020, 1 971 en 2025 (+9 % en un an).

Côté accidents, la manutention manuelle est à l’origine d’environ la moitié des accidents du travail dont le risque est identifié. Les chutes de plain-pied et les chutes de hauteur en représentent chacune plus de 10 %.

Les jeunes et la prise de poste

Les moins de 25 ans représentent 11 % des salariés, mais 16 % des accidents du travail et 23 % des accidents de trajet. Parmi les 30 décès par accident du travail de moins de 25 ans, 19 sont survenus moins d’un an après la prise de poste.

Tous âges confondus, un quart des décès par accident du travail (194 cas) surviennent dans l’année qui suit l’arrivée dans le poste. L’accueil et l’accompagnement des nouveaux arrivants sont donc un levier de prévention essentiel.

Alors, comment faire entrer la prévention dans les entreprises ?

Aucun de ces chiffres n’est une fatalité. Voici ce qui fonctionne sur le terrain :

  1. Un DUERP vivant. Mis à jour avec les équipes, pas rangé dans un classeur.
  2. Des managers formés. Ils sont les premiers relais de la prévention au quotidien.
  3. Des gestes de premiers secours connus du plus grand nombre. La formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST) et la présence d’un défibrillateur peuvent changer l’issue d’un malaise.
  4. Un accueil structuré des nouveaux arrivants et des jeunes, avec un tuteur identifié.
  5. Une écoute réelle des équipes sur les postures, la manutention et la charge mentale.
  6. Un point sur les déplacements professionnels et le trajet, car le risque routier près de chez soi fait aussi partie du sujet.

On n’a pas besoin de tout faire en même temps. Mais il faut commencer. Une entreprise à la fois.

Aller plus loin avec Nota Bene CFC

Je forme les salariés, les managers et les élus de CSE à la santé et à la sécurité au travail : SST, PRAP, Gestes & Postures, DUERP, CSE SSCT. Si vous souhaitez agir dans votre entreprise, contactez-moi :

Nathalie Blaclard – Nota Bene CFC 19 rue de la Lavande, 34510 Florensac 06 83 84 05 14 · contact@notabene-cfc.fr · www.notabene-cfc.fr

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