Pensez à vous lever de temps en temps.

« Pensez à vous lever de temps en temps. »

Pensez à vous lever de temps en temps. »

On a tous entendu cette phrase en entreprise. Elle part d’une bonne intention. Pourtant, ce n’est pas une mesure de prévention. C’est un conseil. Et entre les deux, le Code du travail fait une vraie différence.

Rester assis longtemps : un risque encore mal connu

L’INRS rappelle que les postures sédentaires, c’est-à-dire rester assis de longues périodes avec une faible dépense d’énergie, augmentent à la longue le risque de certaines maladies, comme les pathologies cardiovasculaires ou le diabète de type 2.

On pense aux employés de bureau, mais pas seulement. Un technicien de laboratoire, un opérateur sur écran, un conducteur de poste de supervision : beaucoup de métiers imposent de rester assis, sans que personne ne l’ait vraiment décidé.

L’INRS est clair sur la responsabilité : c’est à l’employeur d’inciter les salariés à bouger et à varier leurs postures, en agissant sur trois leviers :

  • l’organisation du travail ;
  • l’aménagement de l’environnement de travail ;
  • l’équipement du poste.

Ce que dit le Code du travail : informer arrive en dernier

L’article L4121-2 du Code du travail fixe neuf principes généraux de prévention. Les voici dans l’ordre :

  1. Éviter les risques.
  2. Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités.
  3. Combattre les risques à la source.
  4. Adapter le travail à l’homme (conception des postes, choix des équipements et des méthodes de travail).
  5. Tenir compte de l’évolution de la technique.
  6. Remplacer ce qui est dangereux par ce qui l’est moins.
  7. Planifier la prévention en intégrant la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail et les relations sociales.
  8. Prendre des mesures de protection collective en priorité sur la protection individuelle.
  9. Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Le dernier principe, c’est l’information. Elle compte, mais elle vient après tout le reste.

Appliqué à la sédentarité, cela donne un message simple : si toute la journée est organisée autour d’un écran, d’une chaise et de réunions de deux heures, le salarié a beau savoir qu’il devrait bouger, il n’a aucune marge pour le faire. Lui dire « pensez à vous lever » revient à traiter le symptôme avec le dernier outil de la liste.

« Je sais, mais je n’ai pas le temps »

Dans mes formations Gestes & Postures, je l’entends à chaque session : « Je sais bien que je devrais bouger, mais je n’ai pas le temps. »

Ce n’est pas un manque de volonté. C’est un signal envoyé par l’organisation. Quand les pauses sont raccourcies, que les réunions s’enchaînent sans respiration et que le poste ne permet pas de changer de position, le message implicite est clair : rester assis est la norme.

Voilà pourquoi la sédentarité se traite en prévention des risques, pas en bons conseils.

Que faire concrètement ? Passer par le DUERP

Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est le bon outil pour mettre la sédentarité sur la table. Lors de sa mise à jour, voici les questions à se poser :

  • Quelles tâches imposent de rester assis plusieurs heures d’affilée ? Il faut regarder les situations réelles de travail, pas seulement les fiches de poste.
  • Les postes permettent-ils de changer de position ? Un bureau réglable, un siège adapté, un second écran bien placé changent la donne.
  • Les réunions laissent-elles respirer ? Des formats plus courts, quelques minutes de pause, une partie debout : ce sont des mesures simples.
  • Les déplacements sont-ils possibles ? Un espace de pause accessible, une imprimante qui n’est pas sous le bureau.
  • A-t-on demandé aux équipes ce qui les freine ? Les salariés savent mieux que personne ce qui les retient à leur chaise.

Quand ces questions sont posées et que les réponses sont inscrites dans le DUERP avec un plan d’action, la sédentarité passe du statut de sujet de conversation à celui de risque réellement suivi.

Informer, oui, mais en dernier

La sensibilisation garde toute sa place. Une fois l’organisation questionnée et les postes ajustés, expliquer aux équipes pourquoi et comment varier les postures donne ses meilleurs résultats.

Mais commencer par l’information, c’est prendre le problème à l’envers. Dans l’ordre du Code du travail, l’instruction vient en 9ᵉ position, après la réflexion sur l’organisation, les postes et les équipements.

Aller plus loin avec Nota Bene CFC

Je forme les salariés et les équipes à la prévention des risques liés à l’activité physique, aux postures et à la mise à jour du DUERP. Si vous souhaitez travailler sur la sédentarité dans votre entreprise, n’hésitez pas à me contacter :

Nathalie Blaclard – Nota Bene CFC 19 rue de la Lavande, 34510 Florensac 06 83 84 05 14 · contact@notabene-cfc.fr · www.notabene-cfc.fr

Nota Bene CFC — certifié Qualiopi en Occitanie

👉 INRS, prévention des postures sédentaires au travail : https://www.inrs.fr/actualites/prevention-postures-sedentaires-travail.html
👉 Code du travail, art. L4121-2 (les 9 principes généraux de prévention) : https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l4121-2

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